Présentation

La Tentation du hasard :
Toute Pensée émet un Coup de Dés (Stéphane Mallarmé, 1897)

La 7e édition de La Biennale de Montréal - BNL MTL s'est déroulée du 1er au 31 mai 2011 et a réuni les œuvres d'artistes québécois, canadiens et étrangers autour d'une programmation riche et variée sur le thème du hasard

L'événement, dont le titre est La Tentation du hasard, fut sous le commissariat de Claude Gosselin, Directeur général et artistique du CIAC - Centre international d'art contemporain de Montréal et David Liss, Directeur du MOCCA - Museum of Contemporary Canadian Art à Toronto.

La BNL MTL 2011 s'est inspirée du poème de Stéphane Mallarmé, Un coup de dés jamais n'abolira le hasard, paru en 1897. Pour certains, ce poème, par son contenu et son graphisme inusité, marque le début de l'art contemporain ou à tout le moins le début d'une conception nouvelle de l'art qui a frappé toutes les disciplines artistiques.

Chance, jeu aléatoire, probabilité sont différents mots sous lesquels se cache le hasard. Il détermine une grande partie de notre existence. Nous avançons sans savoir de quoi demain sera fait. Cette réalité façonne notre vie, notre imagination et influence notre compréhension du monde.

Depuis toujours et tout particulièrement depuis le milieu du XXe siècle, les artistes ont intégré la notion de hasard dans la conception et la réalisation de leurs œuvres.

Marcel Duchamp, pour les arts visuels, a assimilé des objets du quotidien, choisis au hasard, à des œuvres d'art par le concept du "ready made". Il rejette les notions de virtuosité et de savoir-faire et défend l'idée que l'art est le résultat d'une perception plus que d'une création.

John Cage, en musique, élabora des partitions construites sur un principe d'indétermination.

Merce Cunningham, en danse, a utilisé l'improvisation et l'aléatoire.

Les artistes du mouvement Fluxus ont encouragé l'intégration accidentelle d'éléments extérieurs à l'œuvre afin de rapprocher l'art et la vie.

Ainsi, cette 7e édition de La Biennale de Montréal a proposé une réflexion sous plusieurs formes - arts visuels, musique, films, conférences, colloques, ateliers et activités de médiation - sur un sujet primordial dans l'art comme dans la vie, à savoir la place du hasard.

C'est ainsi que nous pourrions ajouter un élément politique à la reconnaissance du hasard dans nos comportements. Dans les sociétés actuelles où le quotidien devient de plus en plus fixé par des lois et des règlements limitatifs, il devient impérieux de remettre en valeur la reconnaissance du hasard dans la simple façon dont le monde se développe et s'expérimente. Reconnaître le hasard, c'est reconnaître la liberté, l'aléatoire, les forces indisciplinées de la nature, de notre nature. Reconnaître le hasard, c'est s'ouvrir à l'autre, à l'indéterminé, à recevoir positivement l'inattendu.

Pour répondre à ce thème, les commissaires ont retenu près de 40 artistes de 10 pays.

Tout dans l'univers est une question de hasard et de probabilité, par Claude Gosselin.
Le Facteur chance, par David Liss.