Guido Molinari



Guido Molinari
Né en 1933 à Montréal, Canada où il meurt le 21 février 2004

Tôt dans sa carrière, Molinari est influencé par certaines des idées du mouvement automatiste. La spontanéité du geste est importante dans ses premières œuvres tachistes du début des années 1950. Plus tard, il réalise une série de peintures noir et blanc considérées comme radicales à l'époque, et qui marquent un nouveau départ par rapport à sa production antérieure. Par la suite, il se rapproche sur le plan artistique des idées du groupe des Plasticiens et commence à incorporer plus d'éléments structurels à ses peintures. Ses œuvres inspirées du plasticisme, telles Vertical horizontal blancs (1960) et Opposition rectangulaires (1961), sont également influencées par le travail de Piet Mondrian. De 1963 à 1969, il réalise différentes peintures sérielles hard-edge faites de bandes de couleur, dont Mutation rythmique bi-jaune (1965) et Sans titre (1966). Plus tard, il crée des peintures en damiers et avec des formes triangulaires, dont Diptyque I Ching (1970) et Triangulaire ocre-jaune (1974). En 1975, il commence la production de grandes peintures monochromes et d'installations murales intitulées Quantificateurs et continue d'expérimenter ce style dans ses oeuvres ultérieures.

Source : Fondation Guido Molinari

Projet

Au printemps 2003, Molinari avait proposé, chez René Blouin, sa relecture d’une œuvre qui le hantait depuis toujours : le livre-poème Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, qui constituait une sorte de testament de Mallarmé, une partition fondatrice de la modernité. Cette frise chromatique du peintre, en forme de livre spatialisé – c’était là un des rêves du poète –, sera aussi le testament de Molinari, car les deux créateurs mourront quelques mois après leur réalisation respective. Aujourd’hui cet ultime polyptyque demeure un mode d’emploi pour le poème de Mallarmé, et vice versa, et le visiteur est convié à y regarder l’omniprésence de leur musique.

Au début des années 1950, le jeune Molinari, aux prises avec une certaine méfiance à l’endroit des peintres automatistes à qui il prêtait une inopportune rationalité dans l’exécution de leur travail, avait décidé de peindre dans le noir absolu des toiles qui constitueraient des objets imprévisibles, arbitraires, bref de vraies œuvres automatistes. « Puisque la censure, écrira plus tard Bernard Teyssèdre avec sa sagesse habituelle, passe par la vue du tableau en cours, il faut peindre sans voir, puis accepter, sans retouche possible, l’émergence de l’imprévu.»

Guido Molinari

Sans titre, 2003
Acrylique sur toile
159,7 x 233,5 cm
Collection : Fondation Molinari, Montréal, Canada
Photo : Guy L'Heureux
Guido Molinari

Sans titre, 2003
Acrylique sur toile
159,7 x 233,5 cm
Collection : Fondation Molinari, Montréal, Canada
Photo : Guy L'Heureux

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